Ikivuq, traduit de l’inuktituk, signifie « embarquez ». L’équipe Ikivuq, composée de six amis canoteurs, rêvait de cartographier et pagayer des eaux méconnues, la rivière Lestage, où seuls les grands chasseurs Inuits s’aventurent, pour ensuite partager leur expérience. Vivre le land comme cela se dit au « Nord ». Dans toute son immensité, cette toundra à la fois belle et fragile, aride et hostile. 

Notre première rencontre de l’expédition avec le peuple Inuit s’est déroulée au cratère de Pingualuit. Les guides Charlie, Maali, Noah et Adamie nous ont servi un festin de country food composé de matta (viande de béluga), qilalugak (béluga) et Nikku (béluga séché). Ils nous ont aussi fait la démonstration du qulliq qui est une traditionnelle lampe à huile en pierre. Ces rencontres enrichissantes nous ont permis d’en apprendre davantage sur le savoir-faire et le savoir-être inuit. Au Parc national des Pingualuit, nous avons été aux premières loges du vécu de plusieurs Inuits, qui s’appuie sur la relation de l’homme avec son environnement. Les valeurs fondamentales d’équilibre et d’harmonie véhiculées dans cette culture nous ont touchées et nous avons tenté de les intégrer lors de notre parcours. Nous nous sommes basés sur les principes d’appartenance inuit pour respecter l’environnement que nous avions la chance de côtoyer. Également, nous avons gardé en tête le principe Aajiiqatigiingniq, soit le concept de la prise de décision consensuelle, pour travailler en équipe vers un objectif commun afin de, ensemble, parvenir à la réalisation de cette grande aventure. Il est évident que ces rencontres ont marqué notre passage au Nunavik et qu’elles représentent un point fort de notre parcours.

Nous avons aussi eu la chance de faire la rencontre implicite de l’ancien mode de vie nomade des Inuits par les vestiges de sites archéologiques sur notre parcours. Ayant été en communication à quelques reprises avec l’institut culturel inuit Avataq, nous avions déjà repéré sur nos cartes topographiques quelques sites archéologiques inuits où nous souhaitions nous arrêter. Nous avons bénéficié de ces rencontres privilégiées et uniques grâce aux traces laissées par ce peuple nomade. C’est aussi par hasard que nous avons découvert plusieurs sites cachés sur notre chemin. Inukshuk, empilages, ronds de tentes, ruines d’habitacles… nous avions l’impression de découvrir et apprécier la sage intelligence de nos amis Inuits qui de toute évidence avaient réussi à apprivoiser le land avec brio. Nous savions que notre parcours représentait la première expédition contemporaine répertoriée sur cette rivière, mais nous avons rapidement compris que nous n’étions pas les premiers à occuper ces terres et à les rendre habitables. Bien avant nous, les Inuits ont découvert les plus beaux terrains de chasse aux caribous et à connaître les rivières et les lacs poissonneux. Ces terres méconnues démontrent le passage du temps et des éléments fondateurs de l’histoire de ces peuples. Avec l’évolution du développement industriel, l’humain exploite désormais ces terres ancestrales et nous avons pris conscience de l’importance de les léguer, à notre tour, aux générations futures. 

Il était d’autant plus important pour l’équipe de faire honneur à ce peuple nomade et leur land en adoptant une philosophie Leave No Trace qui s’oriente vers le respect de l’environnement, et par le fait même de sa faune et de sa flore. Lors de notre aventure, nous avons adopté des comportements qui visaient à minimiser l’impact de notre visite en respectant l’environnement. Ce souci du respect s’est traduit par la gestion adéquate de nos déchets, par l’inventaire des sites archéologiques afin de préserver leur intégrité et par le respect de la faune, terrestre et aquatique, qui était plus qu'abondante sur notre route. Avec un souci de laisser, lors de nos départs, nos sites de campement tels que trouvés, les matelas et les tentes Exped ont été très utiles. En effet, nous avons pu nous installer pratiquement n’importe où, étant donné la résistance plus qu’exceptionnelle des tentes Exped aux vents et autres intempéries. Nous avons été agréablement surpris de la solidité des tentes qui ont su résister aux grands vents incessants dont les rafales frôlaient souvent les 70km/h. C’est aussi les matelas résistants et confortables qui nous ont permis de ne pas avoir à déplacer les nombreux éléments physiques de la nature. Les matelas ont donc su réconforter nos corps meurtris en leur faisant oublier le sol rocailleux. 

La conservation de l’énergie requiert une grande attention en contexte d’expédition extrême et reste à notre sens, trop souvent négligée. Économiser l’énergie humaine permet d’affronter l’imprévisible qui est inhérent à ce type d’aventure. Lors de la longue préparation, nous avons voulu trouver le partenaire idéal avec lequel notre confort nocturne serait comblé et avec lequel nous n’aurions pas à nous soucier de la qualité de ses produits. Le soutien d’Exped nous a permis d’assurer cette composante de l’expédition.

Partir en expédition c’est aussi se prêter au jeu de la découverte. Nous avons été surpris par la force de cette nature et confronter à nos propres limites physiques et mentales. La force de chacun mêlée à la force du groupe nous a permis de parvenir à réaliser ce grand défi que nous nous étions donnés deux ans plus tôt. Nous rentrons à la maison avec le désir de partager ce territoire vivant, le gout de l’aventure et la réalisation de ses rêves.